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Déclaration des élus de la liste « Chevreuse Autrement »

Conseil municipal du 15 décembre 2008

 

Monsieur le Maire, chers Collègues,

Tout le monde à Chevreuse connait notre attachement au logement social. De 1977 à 1983, la municipalité de gauche a inauguré une politique de logements sociaux novatrice et audacieuse en montrant ce que l’on pouvait faire en matière d’innovation architecturale et d’intégration du logement social au cœur même de la ville, en engageant tout les partenariats possibles avec la puissance publique, les opérateurs, les habitants eux-mêmes :

Résidence des Tanneries, résidence de la rue de Versailles. En 6 ans la municipalité de gauche à Chevreuse sous la conduite de Roger Péralta a lancé un vrai mouvement de réalisations publiques.

Devant l’absurdité de l’organisation minutieuse de la ségrégation des territoires notamment en région parisienne, son coût social, devant la création de véritables ghettos de pauvres et de ghettos de riches, le gouvernement de Lionel Jospin sur proposition de Jean-Claude Gayssot a décidé de faire adopter la loi dite de Solidarité et Renouvellement Urbain.

 

Entre autres mesures, elle instaurait l’obligation pour toutes les collectivités locales de prévoir et d’exécuter au moins 20% de logements sociaux dans leur ville afin d’assurer la mixité sociale.

On ne peut, sans risque de profond déséquilibre social et urbain, laisser, pour ne pas dire abandonner aux seules lois du marché, le développement urbain, la qualité architecturale et environnementale des villes. On voit vers quel désastre cela nous conduit.

Si certains, et particulièrement à droite se satisfont de cet état des choses injuste, cette non application de la loi alimente en France une véritable crise du logement.

Depuis, cette loi SRU n’a cessé d’être remise en cause par le Gouvernement de droite ; les municipalités de droite, pas toutes, ont cherché tous les échappatoires possibles.

Il y a quatre ans, souvenez-vous, dans cette salle, « toute la droite », comme disait Monsieur le Maire, s’est livrée à une attaque en règle du logement social en nous promettant que tout serait mis en œuvre pour limiter au maximum le logement social au centre ville.

Cette attaque devait servir de justification à l’abandon par la majorité de l’opération Ste Thérèse que nous dénoncions.

Il y a deux ans, la majorité municipale a refusé toutes nos propositions d’objectifs dans le plan d’aménagement et de développement qui accompagne le PLU et notamment celles visant à l’élimination du logement indigne au centre de Chevreuse par la maitrise urbaine grâce au logement social, le logement public.

Nous avons voté, sur notre proposition, il y a un an et demi, la convention avec l’Agence Foncière des Yvelines. Cette convention qui nous permettait de financer des acquisitions foncières. Elle est restée vide de tout projet.

L’OPAH, que nous avions proposée et soutenue pendant les élections de 2001, n’aura servi qu’à repeindre quelques façades au centre ville.

Une députée, aujourd’hui Ministre du Gouvernement, venait, il y a deux ans, lors des vœux de la municipalité, nous expliquer que le logement social était impossible à Chevreuse.

Au-delà des déclarations d’intentions et des promesses électorales, c’est ce vide, que la Préfecture des Yvelines stigmatisait depuis quatre ans dans ces constats de carence annuelle.

Une carence qui coûte cher aux Chevrotins : 36 000 € par an depuis au moins 5 ans soit au total 180.000 € ! Mais vous nous préciserez, Monsieur le Maire, une fois de plus les vrais chiffres.

Ce soir, nous nous félicitons que notre combat ait permis que le logement social reste au cœur du débat sur l’aménagement urbain à Chevreuse.

Nous avons soutenu les rares opérations de réhabilitation du domaine public en ruine…Ce fut le cas avec la création de trois logements sociaux rue de Dampierre après des années d’attente.

Bientôt ce sera le tour de la Maison Clairoute, possible parce qu’acquise par la municipalité de Ph. Dugué. C’est le cas de l’ancienne gendarmerie rue de la Division Leclerc et celle de St Lubin, opération pour lesquelles il faut bien le dire la municipalité n’y est pas pour grand-chose puisque pilotée par le Département.

Seule, la vente des terrains de la rue de Versailles à l’OPIEVOY constitue un espoir pour les années à venir. Le bilan est bien maigre.

C’est ce bilan (voir Les Nouvelles de Rambouillet du 10 février 2008), cette absence délibérée de volonté claire de se doter de logement social, ce refus de répondre aux besoins de dizaine de familles à Chevreuse, cette force d’inertie opposée à tout engagement réel, qui conduit, aujourd’hui, la Préfecture des Yvelines à passer, malgré vous, à la vitesse supérieure.

Nous devrions nous en féliciter. Outre qu’elle nous donne raison, elle est un espoir pour des dizaines de familles, pour nos jeunes, pour nos aînés de pouvoir s’installer ou continuer de vivre à Chevreuse.

C’est une chance pour le développement de notre ville.

Cependant nous ne cachons pas notre colère : celle de voir notre ville dessaisie de ses prérogatives, du triste constat que la majorité municipale, en faisant un choix politique ségrégatif d’un autre âge, place notre ville sous tutelle administrative. Par  choix politique, votre majorité n’a su ni voulu relever le défi moderne du développement urbain appuyé sur les besoins de ses citoyens pas plus, d’ailleurs, que de mobiliser les partenaires, les talents et le dynamisme qu’ils recèlent. Quel gâchis ! Oui, nous le regrettons profondément.

Nous sommes convaincus que le logement social, parce qu’il conjugue initiative locale, financement public est un outil irremplaçable de maîtrise du développement urbain, et la réponse aux besoins de tant de nos concitoyens.

Nous sommes convaincus que Chevreuse, capitale du Parc Naturel doit être exemplaire dans ce domaine.

Donc, je le répète, c’est avec colère et amertume mais aussi avec espoir que nous voterons cette convention que nous n’avons cessé de souhaiter, mais qui s’impose aujourd’hui malgré vous et vient sanctionner sèchement vos discours. Tant pis et tant mieux pour Chevreuse.  

Soyez assuré que nous veillerons à ce que notre ville, les Chevrotins ne soient pas dessaisis de leurs prérogatives. Nous veillerons particulièrement à ce que la mise en œuvre de cette convention se fasse en concertation avec tous les habitants ; à ce que les opérateurs obéissent aux critères de qualités architecturale et environnementale que la municipalité doit organiser et concevoir. Nous y veillerons et resterons intraitables.

Enfin, nous demandons ce soir la convocation rapide de la Commission Urbanisme. Nous demandons à que les services de la Préfecture, ceux du PNR et de l’Agence Foncière, les représentants de tous les courants du Conseil Municipal exposent publiquement à la population les termes et les objectifs de cette convention, et ce, dans les toutes prochaines semaines.

 
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